Connaissez-vous le Japandi ?

Il s’agit de la contration de Japon et de Scandinavie, et ce terme s’applique à un style esthétique à la croisée des chemins entre le minimalisme élégant du Japon et la fonctionnalité chaleureuse de la scandinavie.

Les relations entre le Japon et la Scandinavie ont commencé il y a bien longtemps », souligne Laila Rietbergen, autrice du livre Japandi Living (Lannoo Publishers, 2022) en effet, « Après avoir mené une politique de fermeture des frontières pendant environ 200 ans, le Japon a ouvert ses frontières au milieu des années 1850, explique-t-elle. Les Scandinaves qui ont visité le Japon étaient très enthousiastes à propos du pays, de la culture et de tous les objets étonnants qu’ils trouvaient dans les boutiques. Ces objets sont alors devenus une source d’inspiration pour de nombreux artistes et designers en Scandinavie. »

source : AD Magazine

Ainsi, le Japandi illustre la rencontre entre de concepts bien connus :

  • Le Hygge scandinave : qui prône la recherche du confort, du bien-être, avec une attention spéciale apportée à la chaleur de l’atmosphère. (Voir l’ouvrage « Ma Maison Hygge » de Meik Wiking)
  • Le Wabi-Sabi : qui met l’accent sur la beauté dans la simplicité et dans l’imperfection des objets anciens. (Voir l’ouvrage « Wabi sabi – Trouver la beauté dans l’imperfection » de Raphaële Vidaling)
  • Le Lagom : L’art Suédois du « Ni Trop, ni trop peu » à l’ambiance simple, douce et chaleureuse (Voir « le Livre du Lagom » de Anne Thoumieux)
  • Le résultat : Un espace épuré mais accueillant, qui évite le côté « froid » ou « clinique » du minimalisme tel qu’on a l’habitude de le voir.

C’est « l’art du Minimalisme Habité »

Les fondamentaux du style Japandi : la qualité prime toujours sur la quantité.

  • Des lignes épurées et du mobilier bas :
    Les meubles privilégient les formes géométriques simples, sans fioritures. Fidèle aux coutumes japonaises, le mobilier est souvent plus bas que la moyenne (lits près du sol, tables basses, poufs) pour renforcer le sentiment d’ancrage et de hauteur sous plafond.
    Par ailleurs, cela constitue une astuce intéressante lorsque la hauteur sous plafond n’est pas très importante, adopter du mobilier bas viendra contrebalancer cet aspect et donner du volume à la pièce, qui trouvera une nouvelle respiration.
  • Des couleurs naturelles et marquées :
    Le Japandi mélange les tons doux (beige, crème, ocre) inspirés de la décoration scandinave, avec des touches plus sombres et terreuses venues du Japon (anthracite, noir mat, bleu nuit ou vert kaki).
  • Des matériaux bruts , naturels et artisanaux :
    On mise sur le bois, la céramique artisanale, la pierre, le lin, le bambou ou encore le papier de riz.
  • Le désencombrement :
    Pas d’accumulation, ici la relation à chaque objet est questionnée. En effet, on ne conserve que les objets qui revêtent une fonction précise ou bien qui ont une valeur sentimentale forte. l’idée est d’une part, de laisser respirer l’espace, et d’autre part, de se nourrir de la relation affective et/ou esthétique avec chaque objet.

Au-delà d’un effet de mode ou d’une tendance « déco », le Japandi sous-tend une philosophie plus profonde, un rapport à l’habitat et un art de vivre universel qui va bien au-delà des frontières géographiques et culturelles du Japon et de la Scandinavie.

Maison à Minorque qui fait la part belle aux matériaux naturels, au mobilier bas et confortable ainsi qu’aux matériaux bruts.

En effet, et d’autant plus en période de crise et/ou de conflits internationaux, faire de chez-soi un cocon sécurisant, qui revient à l’essentiel en mettant à l’honneur les choses simples, la lenteur, et en cultivant un rapport apaisé à la nature environnante, est une philosophie qui se retrouve aux 4 coins du monde.

Une maison récemment visitée m’a notamment inspiré une passerelle entre la mediterranée et le Japandi. En effet, les murs blancs arrondis, les enduits à la chaux, la sobriété des lignes et les matériaux naturels comme le bois laissé brut, ou encore l’osier font écho à des concepts éloignés sur le papier mais très proches dans le fond.

Comme nous le disions précédemment, il s’agit d’un minimalisme profondément vivant, habité, qui accueille la vie quotidienne, contrairement à un minimalisme plus abstrait, qui correspond assez peu à un lieu de vie.

Finalement, qu’il soit d’inspiration japonaise, scandinave ou méditerranéen, ce minimalisme habité raconte une histoire similaire, celle d’un rapport au monde régi par le temps long, la qualité de vie, la sérénité et l’harmonie avec la nature. Vous pouvez retrouver cet esprit dans notre livre illustré : « Là où l’on vit – Bienvenue au coeur des maisons. »

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